Éditer des fichiers texte : Vi

VimCet article fait partie de mes cours d’introduction à l’administration des systèmes Linux. Il vous prend par la main et vous apprend à utiliser l’éditeur de texte Vi.

Une réputation problématique

L’éditeur Vi (prononcé “vie aïe”) est une partie intégrante de tout système Unix, de la même manière qu’un château médiéval qui se respecte ne serait rien sans un solide chevalet de torture dans son sous-sol. Gare à l’imprudent qui s’aventure dans l’édition d’un texte avec Vi sans avoir respecté l’avertissement : “Vous qui éditez un texte avec cet utilitaire, abandonnez tout espoir d’arriver à vos fins !” Jetez un oeil sur ce qui se dit dans les forums d’utilisateurs Linux novices au sujet de Vi et vous verrez que, si l’on considère la moyenne arithmétique des opinions, il s’agit de toute évidence d’un logiciel conçu par un vénusien halluciné à la suite d’un abus conséquent de substances illicites diverses, synthétiques et puissantes. Bref, de quoi s’inquiéter.

L’éditeur de texte installé sur tous les systèmes Linux

Laissons donc de côté les chimères mythiques qui font la grimace à Vi et essayons de voir la chose plus sobrement. Vi, ce n’est pas simplement un éditeur de texte, c’est tout d’abord le programme d’édition de texte standard présent sur tous les systèmes unixoïdes. En d’autres termes, que vous installiez la dernière Red Hat ou l’avant-dernière SUSE, que vous travailliez avec un Live CD comme Knoppix, Slax ou Slitaz, ou que vous essayiez de récupérer des données après un crash avec SystemRescueCd, vous aurez à votre disposition la panoplie d’éditeurs sélectionnée par le distributeur, mais Vi s’y trouvera toujours, dans tous les cas, invariablement. Il est réellement incontournable.On le trouve même sur un Mac, installé par défaut sur Mac OS X.

Vi amélioré : Vim

Vi existe en plusieurs versions ou incarnations, les plus répandues étant l’ancêtre vi, la version améliorée vim (ou Vi Improved) et GVim, une version graphique qui s’installe sur les postes de travail. CentOS fournit Vi dans trois moutures différentes.

  • l’ancêtre Vi sous forme du paquet vim-minimal ;
  • Vim : vim-enhanced ;
  • GVim pour les environnements graphiques : vim-X11.

Notre système minimal ne comprend pour l’instant que le paquet vim-minimal. Nous allons installer la version améliorée comme ceci.

# yum install vim

Cette opération récupère et installe automatiquement l’éditeur Vim et toutes ses dépendances. Le téléchargement ne pèse pas très lourd, un peu moins de 20 Mo au total. Dorénavant, lorsque je mentionnerai “Vi”, je parlerai en fait de la version améliorée invoquée par la commande vim. Une fois que vous l’aurez maîtrisée, vous ne serez pas dépaysé en utilisant une version plus rudimentaire.

L’apprentissage de Vi se déroule généralement en deux temps. Tout d’abord, il s’agit d’apprendre à survivre, c’est-à-dire réaliser des opérations simples d’édition de texte. Ensuite, une fois que les manipulations de base sont à peu près maîtrisées, on découvre peu à peu le potentiel de cet éditeur. Il se révèle alors être un outil de travail extrêmement puissant au quotidien, qui peut servir aussi bien à administrer des serveurs distants et confectionner des sites web qu’à élaborer des scripts ou des programmes.

Parmi les nombreuses fonctionnalités que présente Vim, on trouve la coloration syntaxique, le formatage automatique, des fonctions de recherche et de remplacement, l’utilisation de macros, l’intégration du shell et beaucoup d’autres choses encore. Autant d’atouts qui en font l’outil de prédilection des programmeurs, des webmasters ou des administrateurs système.

Commençons par les fonctions simples.

Vimtutor

Il existe un grand nombre de méthodes, de livres (imprimés ou en ligne) et de tutoriels pour apprendre Vi. Tous ont un point en commun. Ils vous dressent tôt ou tard une liste impressionnante de raccourcis clavier plus rébarbatifs les uns que les autres, de façon à ce que seuls les utilisateurs très têtus ou les compulsifs obsessionnels puissent espérer arriver au bout du tutoriel. Sachez donc que le meilleur pédagogue pour enseigner Vi, c’est… Vi lui-même !

Il existe en effet un petit logiciel incorporé, nommé vimtutor, qui vous permet de vous entraîner à souhait sur cet outil. C’est aussi ce que je vous conseille de faire, en faisant fi de toutes les méthodes imprimées ou autres, car Vi est un outil de travail qui doit avant tout vous rentrer dans les doigts. Ne cherchez pas à mémoriser directement ses fonctions, mais apprenez-les en les utilisant, par l’entraînement et par la répétition.

$ vimtutor

Vimtutor

À partir de maintenant, il suffit de lire attentivement les instructions qui vous sont données et de les mettre en pratique. Vimtutor estime qu’il faut “entre 20 et 30 minutes” pour apprendre les bases. Comptez plutôt entre trois quarts d’heure et une bonne heure si vous débutez. Si vous prévoyez d’effectuer un passage complet par jour, il y a fort à parier qu’au bout de trois ou quatre jours, vous soyez raisonnablement à l’aise dans l’édition de fichiers de configuration avec Vi.

Les raccourcis clavier peuvent vous paraître pour le moins biscornus, notamment les déplacements du curseur, mais cela s’explique très simplement. Vim a été conçu spécialement pour les utilisateurs qui ont l’habitude de dactylographier. Si vous faites partie des gens qui utilisent leurs dix doigts pour taper sans regarder le clavier, vous serez très vite agréablement surpris par la redoutable efficacité de cet outil de travail.

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