Disquettes FloppyDébut janvier 1991 en Finlande, le jeune étudiant Linus Torvalds décide d’investir dans du matériel informatique. Il n’hésite pas à s’endetter sur trois ans pour acheter ce qui se fait de mieux en matière d’ordinateur personnel : un IBM PC 30386 flambant neuf, équipé d’un processeur 32-bits.

Linus Torvalds

Les ordinateurs personnels en 1990

Si vous êtes né vers la fin des années 1960 ou avant, vous vous souvenez peut-être de cette époque glorieuse où les micro-ordinateurs ont fait leur apparition dans les foyers. Les machines 8-bits de la première génération étaient généralement livrées avec un système d’exploitation rudimentaire et propriétaire qui comprenait un interpréteur BASIC.

  • l’Apple II
  • le TRS-80 de Radio Shack
  • le Commodore VC-20 et le VC-64
  • le ZX-81 et le ZX Spectrum de Sinclair

Commodore VC-20

InfoPour l’anecdote : comme Linus Torvalds, j’ai fait mes premiers pas en programmation en 1983 sur un Commodore VC-20, une machine sans disque dur, dotée de 3.5 kilo-octets de RAM et d’un lecteur spécial qui utilisait les cassettes audio bon marché comme bandes magnétiques.

MS-DOS et Mac OS

Par la suite et jusqu’à ce jour, les ordinateurs sont majoritairement compatibles PC, c’est-à-dire issus en ligne directe de l’IBM PC (Personal Computer) de 1981. Au début des années 1990, ces machines sont à peu près exclusivement équipées du système d’exploitation propriétaire et commercial MS-DOS (Microsoft Disk Operating System), livré sous forme d’une série de disquettes floppy.

MS-DOS

Quant aux ordinateurs de la marque Apple, ils tournent sous Mac OS depuis le lancement du Macintosh, le fameux petit cube beige présenté au public en 1984. Mac OS est un système d’exploitation propriétaire et commercial spécifiquement développé par Apple pour son matériel.

Unix sur un PC ?

Au début des années 1990, l’installation d’un Unix commercial sur un ordinateur personnel reste hors de portée pour les particuliers, pour plusieurs raisons. D’une part, le prix d’une licence Unix est tout bonnement prohibitif, de l’ordre de quelques milliers de dollars. D’autre part, Unix est relativement gourmand en ressources et son utilisation nécessite l’acquisition d’une station de travail puissante et tout aussi onéreuse.

Unix Workstation

Minix

Linus Torvalds commande un jeu de disquettes d’installation du système Minix, une variante pédagogique d’Unix développée par le professeur Andrew Tanenbaum, qui lui servira pour les cours sur l’architecture des systèmes d’exploitation qu’il suit à l’université d’Helsinki.

Andrew TanenbaumTanenbaum est l’auteur de l’ouvrage de référence en la matière, Operating Systems Design and Implementation, un pavé de plus de sept cents pages. Selon ses propres dires, Linus Torvalds passe les premiers mois de l’année 1991 à faire deux choses principalement :

  1. Rien.
  2. Lire Operating Systems Design and Implementation.

Au bout d’un mois d’attente, Linus Torvalds finit par trouver le jeu de disquettes Minix dans sa boîte aux lettres, ce qui lui permet de remplacer le système MS-DOS livré en version réduite avec son matériel par quelque chose qui ressemble à Unix. Malgré sa visée pédagogique, Minix reste un système Unix sous le capot et son code source est disponible. Linus va passer les mois suivants à se faire les dents sur son nouveau système et à l’explorer dans ses moindres recoins pour en découvrir les possibilités.

InfoLe système d’exploitation Minix est d’ailleurs toujours utilisé à des fins pédagogiques. Il en est actuellement à sa version 3.3.0.

Les limites de Minix

MinixLes limitations de Minix ne tardent pas à frustrer Linus Torvalds, notamment l’émulateur de terminal qui est censé gérer la connexion à distance à l’ordinateur de l’université. Les hivers sont rudes en Finlande et, lorsqu’un étudiant en informatique veut éviter de sortir de chez lui, la possibilité de se connecter à distance pour travailler devient une nécessité. Certes, l’émulateur de terminal inclus dans Minix permet à Linus de lire ses courriels et de poster des messages sur Usenet, mais le téléchargement de fichiers à distance ne fonctionne pas. Ajoutons à cela le fait que l’architecture 16-bits de Minix ne tire pas pleinement profit des ressources de son processeur. Et enfin, même si le code source est disponible, le système n’est pas vraiment libre, au vu des restrictions imposées par Andrew Tanenbaum quant à la modification et à la redistribution du code.

Lire la suite : Naissance du noyau Linux


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