SlaxDans mon quotidien professionnel, je suis régulièrement amené à utiliser un système Linux Live, c’est-à-dire qui se charge dans la mémoire vive sans laisser de traces sur le disque dur. Le cas de figure le plus fréquent, c’est pour récupérer les données d’une installation Windows défectueuse ou pour tester le hardware avant une installation sur disque dur. Parmi la pléthore de systèmes Live existants, j’ai toujours eu une préférence marquée pour la distribution Slax, développée par le tchèque Tomas Matejicek depuis le début des années 2000.

Depuis la publication de la version 9.2.1 en 2017, Slax a marqué un tournant historique, puisque la distribution utilise désormais Debian comme base, et non plus Slackware. Comme Tomas l’explique sur son blog, ce choix s’explique par la facilité qu’il apporte. Notons au passage que je le comprends très bien, étant donné que j’ai pu me retrouver confronté à une problématique similaire.

Téléchargement

La page du projet offre trois fichiers au choix.

  • slax-64bit-9.11.0.iso (264 Mo)
  • slax-32bit-9.11.0.iso (270 Mo)
  • slax-ipxe.iso (0.88 Mo)

Je récupère l’ISO de la version 64bit, qui est censée faire office de « version standard » pour le quotidien. C’est de plus en plus rare de se retrouver confronté à des vieux coucous avec des processeurs 32bit, même si ça peut arriver de temps en temps. Je dispose d’une vieille clé USB d’une capacité de 8 Go, qui fait très bien l’affaire pour ce genre d’utilisation.

Confection de la clé USB

À ma surprise, l’image ISO n’est pas hybride et ne peut donc pas s’écrire directement sur la clé avec dd. L’installation nécessite une préparation manuelle.

J’insère la clé et je l’identifie avec lsblk.

# lsblk
NAME      MAJ:MIN RM   SIZE RO TYPE  MOUNTPOINT
sda         8:0    0 931.5G  0 disk  
├─sda1      8:1    0     8M  0 part  
├─sda2      8:2    0   500M  0 part  
...
sdc         8:32   1   7.2G  0 disk  
└─sdc1      8:33   1   7.2G  0 part  
sr0        11:0    1  1024M  0 rom   

Je détruis les tables de partitions existantes pour partir sur des bases saines.

# sgdisk --zap-all /dev/sdc

Je lance fdisk et je crée une partition amorçable de type Linux (83) sur le disque.

# fdisk -l /dev/sdc
Disk /dev/sdc: 7.2 GiB, 7746879488 bytes, 15130624 sectors
Disk model:                 
Units: sectors of 1 * 512 = 512 bytes
Sector size (logical/physical): 512 bytes / 512 bytes
I/O size (minimum/optimal): 512 bytes / 512 bytes
Disklabel type: dos
Disk identifier: 0xff10a21d

Device     Boot Start      End  Sectors  Size Id Type
/dev/sdc1  *     2048 15130623 15128576  7.2G 83 Linux

Une fois que la clé est partitionnée, je vais pouvoir la formater en conséquence.

# mkfs -v -t ext4 /dev/sdc1
mke2fs 1.43.8 (1-Jan-2018)
...

Ma station de travail sous OpenSUSE Leap fournit un unique point de montage /mnt. Pour faire les choses proprement, je crée deux points de montage distincts en-dessous de cette arborescence, un pour l’ISO et un autre pour la clé.

# mkdir -v /mnt/{disk,iso}
mkdir: created directory '/mnt/disk'
mkdir: created directory '/mnt/iso'

Je monte la clé USB.

# mount -v /dev/sdc1 /mnt/disk/
mount: /dev/sdc1 mounted on /mnt/disk.

Je fais de même pour le fichier ISO avec les options qui vont bien.

# cd /home/kikinovak/ISO/Slax/
# mount -v -o loop slax-64bit-9.11.0.iso /mnt/iso/
mount: /mnt/iso: WARNING: device write-protected, mounted read-only.
mount: /dev/loop0 mounted on /mnt/iso.

Voici comment se présente le contenu de l’ISO.

# ls -l /mnt/iso/
total 3
-rw-r--r-- 1 root root  823 Sep 13 19:40 readme.txt
drwxr-xr-x 5 root root 2048 Sep 13 19:44 slax

Je copie le répertoire slax à la racine de la clé USB.

# cp -Rv /mnt/iso/slax/ /mnt/disk/
'/mnt/iso/slax/' -> '/mnt/disk/slax'
'/mnt/iso/slax/01-core.sb' -> '/mnt/disk/slax/01-core.sb'
'/mnt/iso/slax/01-firmware.sb' -> '/mnt/disk/slax/01-firmware.sb'
'/mnt/iso/slax/02-xorg.sb' -> '/mnt/disk/slax/02-xorg.sb'
'/mnt/iso/slax/03-desktop.sb' -> '/mnt/disk/slax/03-desktop.sb'
'/mnt/iso/slax/04-apps.sb' -> '/mnt/disk/slax/04-apps.sb'
'/mnt/iso/slax/05-chromium.sb' -> '/mnt/disk/slax/05-chromium.sb'
'/mnt/iso/slax/boot' -> '/mnt/disk/slax/boot'
'/mnt/iso/slax/boot/bootinst.bat' -> '/mnt/disk/slax/boot/bootinst.bat'
'/mnt/iso/slax/boot/bootinst.sh' -> '/mnt/disk/slax/boot/bootinst.sh'
'/mnt/iso/slax/boot/bootlogo.png' -> '/mnt/disk/slax/boot/bootlogo.png'
...

Je rends la clé USB amorçable.

# cd /mnt/disk/slax/boot/
# ./bootinst.sh

Cette commande ouvre une deuxième console. Il suffit de confirmer deux fois par [Entrée].

Partition /dev/sdc1 seems to be located on a physical disk,
which is already bootable. If you continue, your drive /dev/sdc
will boot only Slax by default.
Press [Enter] to continue, or [Ctrl+C] to abort...
* attempting to install bootloader to /mnt/disk/slax/boot...
/mnt/disk/slax/boot is device /dev/sdc1
* setup MBR on /dev/sdc
* set bootable flag for /dev/sdc1
Boot installation finished.
Press Enter...

Il ne me reste plus qu’à démonter l’ISO et la clé et à supprimer les points de montage correspondants.

# cd
# umount -v /mnt/{iso,disk}
umount: /mnt/iso unmounted
umount: /mnt/disk unmounted
# rmdir -v /mnt/{iso,disk}
rmdir: removing directory, '/mnt/iso'
rmdir: removing directory, '/mnt/disk'

Premier démarrage

J’insère la clé dans un des postes de travail dans mon bureau, je définis l’ordre d’amorçage et je démarre sur la clé.

Slax

J’appuie rapidement sur la touche [Échap] et j’opte pour la configuration persistante dans le menu de démarrage.

Slax

Le démarrage se fait très rapidement, et on se retrouve dans un environnement graphique « maison » à base du gestionnaire de fenêtres Fluxbox et du lanceur d’applications xlunch, spécialement conçu pour Slax.

Slax

La panoplie d’applications

Dans sa configuration par défaut, Slax présente une poignée d’applications graphiques.

  • Le terminal graphique Xterm
  • Le navigateur Web Chromium
  • L’éditeur de texte Leafpad
  • La calculatrice Qalculate
  • Le navigateur de fichiers PCManFM
  • Le lecteur multimédia VLC
  • Le gestionnaire d’archives Xarchiver
  • Le gestionnaire réseau Wicd

Sous le capot, Slax fournit une panoplie raisonnablement complète d’outils en ligne de commandes. Puisque Slax 9.x est basé sur Debian Stretch, on peut très facilement récupérer n’importe quelle application dans la multitude de paquets disponibles dans les dépôts binaires de cette distribution.

Configurer la disposition du clavier

Slax n’offre plus de version localisée, ce qui n’est pas bien grave. En revanche, il faut modifier la disposition du clavier QWERTY par défaut. Dans un premier temps, on va définir un nouveau clavier à la volée. Pour ma part, j’utilise principalement un clavier suisse romand.

# setxkbmap -layout ch -variant fr

Si vous utilisez un clavier AZERTY français, utilisez l’option suivante.

# setxkbmap -layout fr

Ensuite, je définis la disposition permanente du clavier en lançant l’utilitaire correspondant.

# dpkg-reconfigure keyboard-configuration

La disposition du clavier pourra être choisie à l’aide d’un menu hiérarchique.


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