Poste de travail CentOS 7 + MATE “aux petits oignons”

Logo CentOSCet article décrit pas à pas et de manière détaillée l’installation d’un poste de travail léger de qualité entreprise basé sur CentOS 7 et l’environnement de bureau MATE. Pour plus de détails, lire la documentation officielle. CentOS 7 est officiellement supporté jusqu’au 30 juin 2024. On choisira cette branche sur du matériel raisonnablement récent qui supporte un OS 64-bits. L’installateur de CentOS 7 requiert au moins 1 Go de RAM. Sur une machine disposant de moins de mémoire vive ou dotée d’un processeur 32-bits, on pourra opter pour CentOS 6.

Pour en savoir plus sur la configuration de MATE, on pourra lire cet article.

Bureau MATE

Le poste de travail présenté ici offre une série d’améliorations par rapport à un poste de travail CentOS standard.

  • L’esthétique de l’environnement MATE est améliorée de manière significative.
  • Le lanceur d’applications Plank rend le bureau plus fonctionnel.
  • Une panoplie d’applications populaires est installée pour toutes les tâches courantes.
  • Les codecs et plug-ins multimédia permettent de gérer les contenus audio et vidéo.
  • Les polices TrueType offrent une meilleure interopérabilité avec l’univers Microsoft.
  • Infinality permet d’obtenir un affichage aussi net que sur les systèmes de chez Apple.

Support d’installation

On choisira le DVD minimal, mais rien n’empêche d’utiliser le DVD standard.

  • CentOS-7-x86_64-Minimal-1804.iso
  • CentOS-7-x86_64-DVD-1804.iso

Graver le DVD à partir de l’ISO téléchargé.

Sur les machines dépourvues de lecteur optique, il faudra confectionner une clé USB d’installation. L’image ISO est hybride et peut s’écrire directement sur une clé USB.

# dd if=CentOS-7-x86_64-Minimal-1804.iso of=/dev/sdX

Démarrage

Débrancher clés USB, disques externes et autres périphériques amovibles. Autrement l’installateur les proposera au formatage.

Sur un ordinateur portable, il vaut mieux passer par une connexion câblée le temps de l’installation. La connexion wifi sera réglée en mode graphique par NetworkManager une fois que le bureau sera installé.

Langue et clavier

Dans l’écran de bienvenue, sélectionner la langue (Français) et la localisation (Français – France). La disposition du clavier sera définie par le biais de l’écran principal de l’installateur.

Interfaces réseau

Le réseau n’est pas activé par défaut, il faut donc songer à l’activer explicitement.

Les noms des interfaces réseau ont changé avec la version 7 de CentOS. Désormais, on n’a plus affaire à eth0, eth1, eth2, wlan0, etc. Le nouveau schéma de nommage est moins arbitraire et offre davantage de consistance en se basant sur l’emplacement physique de la carte dans la machine.

  • enp2s0
  • enp3s0
  • enp3s1
  • etc.

Date et heure

Vérifier si le fuseau horaire (Europe/Paris) est correctement configuré. Éventuellement, activer Heure du réseau et vérifier les serveurs NTP.

Désactivation de Kdump

Kdump est un mécanisme de capture lors du plantage d’un noyau. Il peut être désactivé.

Partitionnement manuel

L’outil de partitionnement graphique de CentOS n’est pas très intuitif. Voici un exemple de schéma de partitionnement courant.

  • une partition /boot de 500 MiB, formatée en ext2
  • une partition swap, équivalent à la RAM disponible
  • une partition principale, formatée en ext4

Sur une station de travail munie de deux disques durs, on choisira le RAID 1.

  1. Cliquer sur Destination de l’installation.
  2. Vérifier si le ou les disques durs sont bien sélectionnés.
  3. Cocher Je vais configurer le partitionnement et cliquer sur Terminé.
  4. Dans le menu déroulant, sélectionner Partition standard au lieu de LVM.

Partition EFI

Sur les systèmes UEFI, il faut d’abord créer un point de montage /boot/efi pour une partition de type EFI, au début du disque.

  1. Cliquer sur le bouton “+” pour créer un point de montage.
  2. Créer le point de montage /boot/efi et spécifier une taille de 100 MiB.
  3. Définir le type de périphérique standard.
  4. Choisir le système de fichiers EFI System Partition et l’étiquette efi.
  5. Confirmer Mise à jour des paramètres.

Partition /boot

La taille de la partition /boot sera relativement réduite. Il faudra veiller à ne pas laisser s’entasser les vieux kernels sous peine de la remplir assez rapidement.

  1. Cliquer sur le bouton “+” pour créer un nouveau point de montage.
  2. Créer le point de montage /boot avec une capacité de 500 MiB ou plus.
  3. Définir le type de périphérique standard ou RAID 1.
  4. Choisir le système de fichiers ext2 et l’étiquette boot.
  5. Confirmer Mise à jour des paramètres.

Partition swap

Dans certains cas, la partition swap pourra être reléguée à la fin du disque par l’installateur pour une utilisation optimale.

  1. Cliquer sur le bouton “+” pour créer un autre point de montage.
  2. Créer le point de montage swap en spécifiant sa capacité en GiB.
  3. Définir le type de périphérique standard ou RAID 1.
  4. Choisir l’étiquette swap.
  5. Confirmer Mise à jour des paramètres.

Partition principale

La partition principale occupera tout l’espace disque restant.

  1. Cliquer sur le bouton “+” pour créer un dernier point de montage.
  2. Créer le point de montage / sans spécifier la capacité souhaitée.
  3. Définir le type de périphérique standard ou RAID 1.
  4. Choisir le système de fichiers ext4 et l’étiquette root.
  5. Confirmer Mise à jour des paramètres, puis Terminé.

Choix des paquets

Dans l’écran de sélection des logiciels du DVD, on optera pour le groupe de paquets Installation minimale proposé par défaut. Le CD minimal ne laisse pas le choix de toute façon.

Configuration provisoire du réseau

L’installation par défaut ne fournit pas la commande ifconfig, qui fait partie du paquet net-tools. Dans un premier temps, il faudra afficher la configuration réseau en utilisant la commande ip fournie par le paquet iproute2.

# ip address
1: lo: <LOOPBACK,UP,LOWER_UP> mtu 65536 qdisc noqueue state UNKNOWN 
 ...
2: enp2s0: <BROADCAST,MULTICAST,UP,LOWER_UP> mtu 1500 
   qdisc mq state UP qlen 1000
 link/ether 2c:27:d7:15:54:a1 brd ff:ff:ff:ff:ff:ff
 inet 192.168.1.2/24 brd 192.168.1.255 scope global dynamic enp2s0
 ...
3: enp3s0: <BROADCAST,MULTICAST,UP,LOWER_UP> mtu 1500 
 ...
# ip route
default via 192.168.1.1 dev enp2s0

Récupérer le script de post-installation

L’utilitaire git ne fait pas partie d’une installation par défaut. Il va donc falloir l’installer.

# yum install git

Ensuite, récupérer le contenu de mon dépôt Github.

# cd
# git clone https://github.com/kikinovak/centos-7-desktop-mate

Lancer le script de post-installation

Le répertoire centos-7-desktop-mate contient un script postinstall.sh. Lancer ce script.

# cd centos-7-desktop-mate
# ./postinstall.sh

L’affichage du script est assez laconique. Pour en savoir un peu plus sur le détail et la progression des opérations, on peut ouvrir un deuxième terminal et afficher le fichier journal “à chaud”, comme ceci.

# tail -f /tmp/postinstall.log

Le script se charge automatiquement des opérations suivantes.

  • Basculer SELinux en mode permissif.
  • Désactiver l’IPv6.
  • Personnaliser le shell Bash pour root et les utilisateurs.
  • Personnaliser la configuration de Vim.
  • Configurer les dépôts de paquets officiels de manière prioritaire.
  • Activer la gestion des Delta RPM.
  • Effectuer la mise à jour initiale du système.
  • Configurer les dépôts de paquets tiers : EPEL, Nux, Adobe, etc.
  • Installer une panoplie d’outils en ligne de commande.
  • Installer le serveur graphique X Window.
  • Installer l’environnement de bureau MATE.
  • Supprimer les paquets inutiles.
  • Supprimer les polices TrueType exotiques qui encombrent les menus.
  • Installer une panoplie cohérente d’applications supplémentaires.
  • Personnaliser les entrées du menu MATE.
  • Installer le profil par défaut des nouveaux utilisateurs.
  • Installer une panoplie de polices TrueType avec le rendu Infinality.
  • Installer une collection de fonds d’écran.

Remarque importante : SELinux est basculé en mode permissif de manière temporaire afin de permettre à l’administrateur de résoudre manuellement les éventuels blocages avant de rebasculer en mode renforcé.

Pour vous donner un ordre d’idée, j’ai testé le script sur une paire de vieux Dell Optiplex avec un processeur double coeur, 4 gigaoctets de RAM et une connexion ADSL à 20 Mbit/s, et ça a mouliné près de 40 minutes. Vous avez donc largement le temps de boire un ou deux cafés en attendant que ça défile.

Créer un ou plusieurs utilisateurs

Une fois que le script est arrivé à terme, on peut créer un nouvel utilisateur. Si vous souhaitez qu’il puisse utiliser sudo, ajoutez-le au groupe wheel.

# useradd -c "Nicolas Kovacs" kikinovak
# passwd kikinovak
# usermod -a -G wheel kikinovak

Basculer en mode graphique

Le script de post-installation ne se charge pas de basculer automatiquement en mode graphique. L’administrateur pourra donc gérer sereinement la configuration de la carte graphique.

La configuration de l’affichage dépasse l’objet de cet article, mais si vous avez une carte NVidia, jetez un oeil sur cet article.

# systemctl set-default graphical.target

Configurer le réseau sur un poste de travail

Dans la configuration par défaut, le réseau est géré par NetworkManager, qui est pratique sur un portable, mais ne sert pas à grand-chose sur un poste de travail ou une station de travail. Notons au passage que contrairement à ce qui se dit dans des blogs un peu partout sur le Web, NetworkManager n’est pas nécessaire pour la gestion du réseau. C’est juste une couche d’abstraction et de complexité supplémentaire, et dont on peut aisément se passer.

# systemctl stop NetworkManager
# yum remove NetworkManager

Voici un exemple de configuration simple.

# /etc/sysconfig/network-scripts/ifcfg-enp2s0
DEVICE=enp2s0
TYPE=Ethernet
ONBOOT=yes
BOOTPROTO=dhcp

Si l’on gère les noms d’hôtes de manière centralisée avec Dnsmasq, il faut supprimer les occurrences correspondantes dans /etc/hosts.

# /etc/hosts
127.0.0.1 localhost.localdomain localhost

Le fichier /etc/hostname devra juste contenir ceci.

localhost

Remarque : Nous pouvons nous permettre de supprimer NetworkManager puisque nous utilisons le gestionnaire de connexion LightDM. Depuis RHEL/CentOS 7.5, NetworkManager est une dépendance du gestionnaire de connexion GDM. Si vous utilisez GDM et que vous tentez de vous débarrasser de NetworkManager, vous risquez de vider l’eau du bain avec l’enfant. On y verra éventuellement un argument de plus pour préférer une configuration plus légère et plus saine.

Configurer le réseau sur un portable

Sur un ordinateur portable, on gardera le NetworkManager et l’applet correspondant network-manager-applet. Pour éviter les conflits, il vaut mieux supprimer les fichiers ifcfg-<interface> dans /etc/sysconfig/network-scripts et garder uniquement ifcfg-lo. Ensuite, il suffit de vérifier si NetworkManager est actif.

# systemctl status NetworkManager

 

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9 réponses à Poste de travail CentOS 7 + MATE “aux petits oignons”

  1. Ping : Poste de travail CentOS 7 + MATE “aux petits oignons” - My Tiny Tools

  2. Henri dit :

    Bonjour kikinovak,

    Tout d’abord, un très grand merci pour tout ce que vous nous faites généreusement partager : connaissances et expertise, enthousiasme pour Linux et les logiciels libres, humour et réalisme !

    J’avais acheté, l’an dernier, “Débuter avec Linux” (Slackware). J’ai “dévoré” votre ouvrage avec passion et j’ai fait quelques expérimentations, en suivant vos conseils, mais sur des machines que je n’utilisais pas au quotidien.

    Maintenant, j’aimerai passer plus sérieusement à Linux pour monter des postes (fixe et portable) destinés à mes tâches quotidiennes, qui, du reste, sont celles de tout un chacun. Je pensais reprendre, pas à pas, l’ouvrage sus nommé mais, en consultant le blog Microlinux, je réalise que ce serait peut être plus approprié de partir sur CentOS, comme vous l’avez fait…

    Du coup, ma question est toute simple : envisagez-vous de publier prochainement un ouvrage, très similaire et aussi complet que “Débuter avec Linux” de 2017, mais, cette fois-ci, basé sur CentOS ? Si c’est le cas, je serai hyper intéressé !!!

    Merci pour votre réponse !

    Allez, je vous offre le café !

    Bien cordialement
    Henri

    • kikinovak dit :

      Bonjour et merci pour le café !

      Effectivement, je suis en train de rédiger “Administration Linux tome 1” basé sur CentOS 7. Ça avance petit à petit, car je fais au mieux de concilier la rédaction de cet ouvrage avec les tâches alimentaires. Le tome 1 reprend les concepts de “Débuter avec Linux” en les transposant sur les serveurs tournant sous CentOS 7. Le tome 2 traitera des services les plus courants : DHCP, DNS, NTP, Web, mail, proxy, etc.

  3. Luc dit :

    génial ton site ! vraiment … j’ai acheté le livre, super ! je me suis lancé, ramé au début… sur des vieilles bécanes j’ai installé “elementaryOS” –> nickel pour un cyber café… 🙂 avec le dock MACOSX trop fort. ai installé ubuntuserver + NextCloud : ça fonctionne du tonnerre,minimum de ressources… actuellement je configure CentOS selon tes directives. nickel ! Félicitations! vraiment ! j’ai mis l’url dans mes favoris…. 🙂 que du bonheur…

  4. Vincent dit :

    Bonjour,
    Poste de travail fraichement installé sur un ultra-portable Lenovo X220 (pendant mes vacances dans les Alpilles voisines de ta garrigue) et tout est vraiment top : c’est beau, propre et fonctionnel. Merci beaucoup de nous faire profiter de tes talents.
    Un gentil bonjour du vignoble bordelais

    • kikinovak dit :

      Avec plaisir, et merci pour le café !

      • Vincent dit :

        Bonjour Nicolas,i
        Juste une petite question : lorsque je fais “yum update” j’obtiens :
        228 packages excluded due to repository priority protections
        Cela veut dire qu’il y a des priorités en fonction de la proveance d’un paquet ? Pour qu’un paquet soit mis à jour il faut qu’il soit disponible dans une version “supérieure” ET présent dans un dépot “prioritaire” ?
        Amitiés du vignoble Bordelais quasiment entièrement vendangé (il ne manque que les nectars de sauternes, Sainte Croix du mont, Loupiac et autres joyeusetés)

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