Online Scaleway DediboxJ’héberge mes serveurs dédiés chez vous depuis 2013, après être passé par toute une série de fournisseurs concurrents (pas de noms). Même s’il m’arrive de chipoter sur des détails, je suis plutôt content dans l’ensemble de la qualité de service que vous offrez. À l’heure où j’écris ces lignes, je gère une petite vingtaine de serveurs dédiés éparpillés dans vos datacenters, pour mon compte aussi bien que pour celui de quelques-uns de mes clients.

CentOSJusqu’à fin 2020, ces machines tournaient à peu près exclusivement sous CentOS, un clone de Red Hat Enterprise Linux que j’ai choisi en premier lieu pour son cycle de support inégalé de dix ans par version. Or, en décembre 2020, les mainteneurs de la distribution CentOS ont décidé de nous couper l’herbe sous les pieds en changeant de paradigme. L’émoi dans le petit monde des administrateurs de serveurs a été considérable. Je vous fais grâce des détails, vous les connaissez aussi bien que moi-même.

Le jour même où l’équipe de CentOS a jeté ce pavé dans la mare, Greg Kurtzer – le fondateur historique de la distribution – a annoncé la création de Rocky Linux, un clone binairement identique à Red Hat Enterprise Linux, dans le but de satisfaire les utilisateurs qui se sentaient trahis par la nouvelle trajectoire de CentOS. Le nom de la distribution a été choisi en hommage à Rocky McGaugh, le co-fondateur de CentOS.

Le lendemain de la sortie de Rocky Linux 8.4, Online/Scaleway a décidé de l’intégrer dans la liste officielle des systèmes d’exploitation proposés sur ses serveurs.

Systèmes d'exploitation

Rocky Linux a connu un départ prometteur. En seulement sept mois, l’équipe a réussi à publier une distribution Linux de qualité entreprise et tout ce qui va avec : le site web, la newsletter, le forum d’utilisateurs, la documentation, sans oublier la Rocky Enterprise Software Foundation, la structure juridique qui permet d’éviter à l’avenir les mésaventures comme celle que nous avons connue avec CentOS.

Est-ce que Rocky Linux est un bon choix ? La maintenance d’une distribution de telle envergure est un travail herculéen, et qu’il faut financer ce travail. C’est plutôt bien parti, puisque Rocky Linux arbore fièrement Microsoft Azure, Google Cloud et Amazon Web Services parmi ses sponsors. Pour l’instant, tout semble indiquer que dans cinq ans, la distribution Rocky Linux existera toujours et sera toujours maintenue. L’avenir nous le dira.

Oracle LinuxEn attendant que Rocky Linux fasse ses preuves dans les années à venir, je vous propose d’intégrer Oracle Linux dans votre panoplie d’OS. Pour toute une série d’excellentes raisons.

  • Oracle Linux existe depuis 2006 – l’année de la toute première Ubuntu LTS. C’est comme dans les pubs Nutella : quinze ans d’expérience font toute la différence.
  • Oracle Linux est gratuit (free as in free beer) depuis 2012. Le modèle économique adopté par Oracle Linux est exactement le même que celui de Canonical avec Ubuntu Server.
  • Oracle Linux est sans conteste le clone le mieux maintenu de Red Hat Enterprise Linux. Ils ont toujours été beaucoup plus réactifs pour la publication des mises à jour que les concurrents CentOS, Scientific Linux, Cloud Linux, Springdale Linux, etc.
  • Oracle Linux comporte toute une série d’ajouts intéressants comme un noyau entreprise plus récent ou le support officiel de Btrfs.
  • La documentation officielle d’Oracle Linux est tout bonnement excellente.

Non, je ne bosse pas chez Oracle. Oui, je sais que le PDG d’Oracle est un sombre type qui soutient Donald Trump. Oui, je sais qu’ils ont fait des choses horribles avec Java, OpenOffice et MySQL. N’oubliez pas qu’ils font également des choses chouettes comme VirtualBox.

Oracle Linux, c’est un peu le Nickelback des distributions Linux. C’est du rock solide et un peu ennuyeux à la base, mais depuis quelques années – allez savoir pourquoi – il est de bon ton de leur taper dessus, même si les gens ne savent plus trop pourquoi exactement.

S’il ne fallait retenir que cela : Intégrez Oracle Linux dans la panoplie d’OS pour vos Dedibox. C’est libre, c’est gratuit, et c’est carrément bien fichu.

Un gentil bonjour de la garrigue gardoise,

Nicolas Kovacs, Microlinux

 


5 commentaires

Metal3d · 10 juillet 2021 à 12 h 01 min

Non je ne suis pas du tout d’accord. Oracle a une politique très malsaine en ce qui concerne les logiciels. Regardez ce qu’ils ont fait avec les licences Java par exemple. Leur but est d’amener les gens sur leur distribution pour ensuite changer de licence à mon avis. Ça ne serait pas une surprise et du coup… On ferait un nouveau fork ?
Rocky Linux est maintenu par la communauté (comme Fedora ou CentOS ou même debian) et par le créateur de CentOS. Je ne vois pas pourquoi une distribution moins populaire et maintenue par une entreprise qui n’a fait que poignarder dans le dos la communauté des logiciels libres est une bonne idée. A mon sens, il ne faut pas donné de crédit à Oracle et utiliser celle qui est la plus pertinente aujourd’hui: Rocky Linux.

    kikinovak · 10 juillet 2021 à 16 h 49 min

    Oui mais non. Oracle Linux existe depuis 2006, et c’est libre et gratuit depuis 2012. Si je me suis permis de lancer l’assertion que le modèle économique d’Oracle Linux était exactement celui de Canonical, c’est que j’en ai discuté avec un gars qui bosse chez Oracle, un gars très présent sur l’excellent forum d’Oracle Linux d’ailleurs. J’ai cité l’exemple de Java dans mon article. Après, je comprends que chacun veuille tirer ses conclusions. Perso j’aime bien les trucs qui sont vieux et ennuyeux et qui ont fait leurs preuves. Je suis le cauchemar de tous les spécialistes marketing. Tout ce qui est nouveau, je m’en méfie d’abord, et j’attends de voir. Enfin, tu dis que CentOS est maintenu par la communauté. Ce qui n’a pas empêché les mainteneurs de CentOS de faire un virage à 180 degrés sans la moindre consultation de la communauté. Je veux bien que Rocky Linux soit « pertinent » depuis le 21 juin 2021 (sa date de sortie, c’est tout frais). Pour ma part, je veux bien donner du crédit à Oracle Linux qui existe depuis 15 ans maintenant.

Schinckus Lionel · 10 juillet 2021 à 19 h 08 min

Hello,

et AlmaLinux, tu en penses quoi ?

Pour moi, il faudrait intégrer les 3 successeurs de CentOS ainsi que CentOS Stream.

Au début, j’ai pesté contre l’arrêt de CentOS, maintenant, je comprends mieux pourquoi. CentOS Stream va permettre une diffusion plus rapide des versions corrigées de logiciels et de les mettre en test chez ceux qui utilise CentOS Stream. Et si pas mal d’entreprises l’installe sur des serveurs de développement et des postes de travail où il est connu que c’est « aventureux » cela permettra de remonter plus facilement les bugs et autres à Red Hat. Et de bénéficier de nouvelles versions de RHEL et RHEL-like plus stable.

Et vu la lenteur du suivi chez CentOS, je comprends ce choix, car finalement à part la core team et quelques mainteneurs, il n’y avait plus d’engouement pour le développement de CentOS. Donc si la création de Rocky Linux et Alma Linux. Et que Scientific Linux reprends, cela sera finalement bon pour tout le monde.

    kikinovak · 10 juillet 2021 à 20 h 58 min

    Alma Linux, ça a l’air bien fait. Ils ont sorti un clone de RHEL 8.4 bien plus rapidement que Rocky Linux, et sans faire de bruit. Après, c’est le monde de Linux et sa Grande Charte du Troupeau de Chats. Du genre tout le monde doit absolument réinventer la roue de son côté. Ce que j’ai dit à propos de Rocky Linux vaut tout autant pour Alma Linux. Maintenir une distribution entreprise sur plusieurs années voire même plusieurs décennies, ça demande des moyens conséquents. Des clones Red Hat, on en a vu passer un paquet. Je m’en fiche éperdument si le PDG d’Oracle mange des bêtes mortes au petit-déjeuner. Quand tu vois à quel point les dépôts de sa distribution Linux sont proprement maintenus et quand tu vois leur doc, t’as envie de bosser avec ça.

Xavier · 24 juillet 2021 à 12 h 49 min

> N’oubliez pas qu’ils font également des choses chouettes comme VirtualBox.

Oracle n’a pas créé VirtualBox, il l’a obtenu via le rachat de Sun (qui avait racheté InnoTek en 2008). En regardant les changelogs des versions récentes, je ne vois rien d’exceptionnel, à part l’intégration de plus en plus poussée avec Oracle Cloud.

On peut reconnaître que l’influence d’Oracle n’a pas été aussi mauvaise que sur le reste du portefeuille Sun (RIP OpenOffice), mais a-t-elle vraiment été positive ?

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