Data Dock : Halte au massacre – Lettre ouverte à Emmanuel Macron

Monsieur le Président de la République,

Permettez tout d’abord que je vous tende ma carte de visite. Je m’appelle Nicolas Kovacs, je suis autrichien, j’ai cinquante ans, et je vis en France depuis 1991. Installé dans un petit village du Gard, j’ai créé mon entreprise de services informatiques Microlinux en 2009.

Emmanuel Macron - RévolutionLors des dernières élections présidentielles dont vous êtes sorti vainqueur, j’ai acheté votre livre Révolution – C’est notre combat pour la France. J’ai lu et relu attentivement cet ouvrage, crayon en main. En tant qu’entrepreneur, certains points de votre programme m’interpellaient, notamment ceux ayant trait à la formation professionnelle. Voici un des passages que j’ai relevés. Il se trouve à la page 255, dans le chapitre Rendre le pouvoir à ceux qui font.

Être efficace, c’est en finir avec le bavardage législatif. […] Ce vieux réflexe français, qui consiste à faire de tout sujet une affaire de règle ou de droit, est devenu insupportable.

Si je me permets de m’adresser à vous aujourd’hui, c’est au sujet d’un de ces bavardages législatifs, la création du Data Dock dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle. Cette réforme consistait peu ou prou à rendre caduque toute formation qui n’était pas certifiante. Étant donné qu’il s’agissait là de près de 90% des formations existantes, il en résultait que des milliers de formateurs indépendants en France ont dû mettre la clé sous la porte. Je me permets d’affirmer que cette réforme est une usine à gaz bureaucratique qui a pour conséquence de faire couler la plupart des entreprises de formation. Elle aura au moins le mérite d’assurer un poste à tous les fonctionnaires qu’il a fallu embaucher pour gérer la montagne de paperasse administrative ainsi engendrée.

Data DockMonsieur le Président, j’ai une suggestion très concrète à vous soumettre. De grâce, réformez ou supprimez le Data Dock. Cette mesure ne coûterait rien à l’État, et elle simplifierait la vie aux milliers de formateurs indépendants de France et de Navarre. En passant, elle permettrait à votre gouvernement de supprimer des postes de fonctionnaires. Vous pourriez ainsi réinvestir cet argent en renforçant les moyens de ceux qui sont effectivement indispensables pour faire fonctionner ce beau pays, comme les soignants, les fonctionnaires de police et de justice, les enseignants, etc.

Logo MicrolinuxJe me permets un instant de revenir sur mon parcours de micro-entrepreneur. En 2008, alors que je rencontrais des difficultés à trouver du travail dans une région notoirement sinistrée par le chômage, l’idée de créer mon propre emploi a commencé à germer progressivement dans un coin de ma tête. Créer une entreprise informatique spécialisée dans le logiciel libre (Linux), et qui installerait aux professionnels et aux collectivités locales de la région des réseaux informatiques ultra-sécurisés et ultra-stables, à coût réduit. Ce qui a été déterminant pour moi, c’était le statut d’auto-entrepreneur (au temps où celui-ci ne s’appelait pas encore “micro-entrepreneur”) nouvellement instauré par le gouvernement de l’époque, notamment la simplification des démarches administratives par rapport aux statuts classiques trop contraignants pour tout créateur d’entreprise de taille modeste. Mon entreprise informatique Microlinux a été créée le 3 août 2009. Un grand pas pour moi, un petit pas pour l’humanité.

Nicolas Kovacs

Ces premières années “d’amorçage de pompe”, j’ai travaillé sept jours sur sept, soixante-dix heures par semaine en moyenne, j’ai fait une croix sur les jours de repos, et si je n’ai pas jeté l’éponge, c’est que je dois beaucoup à ma ténacité habituelle. Aux alentours de 2013, ces efforts ont commencé petit à petit à porter leurs fruits, et j’ai pu considérer sans fausse modestie que mon entreprise était un succès, pour plusieurs raisons.

  • L’entreprise existait encore et n’avait pas fait faillite.
  • Une fois payées les charges, j’arrivais à payer mon loyer et mes factures et à remplir le frigidaire. Je ne pouvais rien économiser, certes. Mais c’était déjà pas mal.
  • J’étais mon propre patron, et je faisais un travail qui me passionnait.
  • Petit à petit, j’arrivais même à me libérer une journée le weekend pour aller faire une randonnée ou un peu d’escalade.

FormationDepuis sa création, Microlinux est également organisme de formation professionnelle. Avant la réforme, la formation continue constituait une part significative de mon activité, environ un tiers, avec des variations selon les années. Je suis également auteur d’une série d’ouvrages informatiques pour l’éditeur Eyrolles (le plus grand éditeur d’ouvrages techniques en France). Mes stagiaires, jusque-là, étaient le plus souvent des salariés d’associations ou de PME de la région, qui mettaient à profit leur DIF (Droit Individuel à la Formation) pour suivre une formation en Administration Linux.

Compte Personnel de FormationL’instauration du Data Dock a mis un terme au bon déroulement des formations existantes, en venant mettre des bâtons dans les roues d’honnêtes entrepreneurs indépendants. La nouveauté, c’est que le DIF (Droit Individuel à la Formation) ne s’appelait plus DIF mais CPF (Compte Personnel de Formation). En soi, le Compte Personnel de Formation n’était pas une mauvaise idée, puisqu’il était désormais possible de cumuler les heures de formation d’année en année, et même de contrat en contrat.

Malheureusement, en pratique, toutes ces heures cumulées ne servaient plus à rien pour la plupart des organismes de formation, étant donné que toutes les formations devaient désormais être obligatoirement certifiantes. Le gouvernement de François Hollande avait certes cherché à supprimer des formations qu’il considérait comme trop récréatives, comme les cours de poterie ou les stages de relaxation. Le problème, c’est qu’il a par là même vidé l’eau du bain avec l’enfant, puisque les formations non certifiantes – c’est-à-dire l’écrasante majorité des formations en France – sont ainsi toutes passées à la trappe. Dans le secteur numérique, par exemple, ce sont toutes les formations autour du référencement, des blogs professionnels, de la retouche d’images, les formations pratiques autour de Photoshop, de la suite Adobe, d’AutoCAD, les formations bureautiques autour des suites Office, ou encore les formations d’administration des réseaux informatiques, des serveurs en général et de Linux en particulier, etc. Tout cela a été balayé par le tsunami ravageur de la réforme du Data Dock. Des milliers de formateurs indépendants ont dû se résoudre à fermer boutique à cause de cette réforme, étant donné que toutes ces formations ne sont désormais plus prises en compte dans le cadre du CPF et que pratiquement aucun stagiaire n’a les moyens de les financer intégralement. Mon entreprise survit tant bien que mal depuis cette réforme, étant donné que je ne peux actuellement plus dispenser de formations.

CertificatPermettez-moi une métaphore gastronomique. C’est un peu comme si l’État annonçait haut et fort sa détermination à lutter contre le chômage dans le milieu de la restauration en obligeant tous les restaurateurs, les cuisiniers de cantine et les pizzaïolos de France et de Navarre à arborer une étoile Michelin pour pouvoir exercer leur profession. Les détracteurs rétorqueraient que la recherche de la qualité constitue une incitation louable pour les professionnels. La pratique montrerait qu’une telle réforme profiterait avant tout aux restaurants trois étoiles. Ou alors, pour revenir à nos moutons, aux grandes entreprises de formation établies, qui ont l’habitude de payer leurs formateurs au lance-pierres. J’en sais quelque chose, pour avoir moi-même enseigné dans de telles conditions. Il y a comme une odeur de lobbying dans l’air.

CriseAvant cette réforme, près de 800.000 formations par an étaient prises en charge dans le cadre du DIF. L’année suivant la réforme, on est passé à un total de 86.000 formations par an (Source : http://www.cpformation.com). Je ne vois que deux interprétations possibles. Soit les français ont subitement besoin de dix fois moins de formations. Soit l’État a tout simplement détruit le secteur de la formation indépendante.

Formulaire en ligneCe démantèlement semble aller de pair avec une dématérialisation de ses services administratifs, confrontant les usagers à une expérience de déshumanisation totale. Les portails Web mis en place constituent ainsi un amalgame déplaisant de rigueur administrative et de flou artistique. Des pages web au visuel certes agréable, mais dont le contenu suit une logique de navigation pour le moins erratique. Des sites entiers dépourvus de la moindre rubrique d’aide, sans la moindre adresse de contact, sans le moindre numéro de téléphone. Par-ci par-là, des liens vers des documents PDF sans le moindre commentaire. Les documents officiels étant, quant à eux, le plus souvent rédigés non pas en français, mais en hexagonal.

Don QuichotteAlors non, je n’ai pas les moyens d’embaucher une équipe pour se pencher plusieurs semaines durant sur les innombrables formalités de certification de mes formations. Je ne suis pas Don Quichotte, je n’ai pas de temps à perdre à me battre contre les moulins à vent de l’administration française, ni sauter à travers les cerceaux en feu qu’elle me tend. Il y a des jours où je me demande si je ne vais pas tout bonnement faire couler mon entreprise et revenir à la case départ en me mettant au chômage. J’aurais enfin le temps de bouquiner, de faire de l’escalade trois ou quatre fois par semaine, ou de découvrir les nombreux parcours VTT de la région. Peut-être m’inscrire à un cours de poterie ou un stage de relaxation.

ExtincteurFin janvier, j’ai été contacté pour effectuer une formation Administration Serveurs Linux pour une entreprise parisienne. Malheureusement, je n’ai pas pu dispenser cette formation. Non pas que je n’aie pas les compétences, mais tout simplement parce que mon inscription au Data Dock n’a été validée qu’à 50%, et ce malgré le fait que je m’y sois consacré plus d’un mois, à l’exclusion de toute autre activité. Pour vous donner un exemple parmi d’autres, je n’ai pas le droit de former des gens dans une salle de formation à Paris parce que mon bureau à Montpezat dans le Gard ne comporte pas d’extincteurs. Ce texte est déjà bien long, et il risque de l’être beaucoup plus encore si je commence à énumérer toutes les aberrations bureaucratiques auxquelles on se retrouve confronté lorsqu’on essaie de s’inscrire au Data Dock.

Monsieur le Président, je vous invite à repenser la formation professionnelle en simplifiant ou en supprimant le Data Dock. Cette mesure permettrait de préserver et/ou de (re)créer des dizaines de milliers d’emplois dans ce secteur d’activité.

Salutations citoyennes,

Nicolas Kovacs

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17 réponses à Data Dock : Halte au massacre – Lettre ouverte à Emmanuel Macron

  1. Willy dit :

    Bonjour,

    et de tout cœur avec vous !!

  2. bob dit :

    De ce que j’ai vu et vécu…80 % des organismes de formation sont des pompes à subventions publiques, les formateurs ne sont formateurs que de nom et les formations délivrées ne valent strictement rien dans le milieu profesionnel.

    Le pire étant les organismes choisis par Pôle Emploi, j’appelle cela du déguisement de détournement d’argent public pour une efficacité quasi nulle.

  3. dido dit :

    Je soutiens à 100% !!
    J’ai eu également à subir la passage par Datadock, en répondant à des questions complètement hors sujet, voire même débiles, écrites par des bureaucrates pour les bureaucrates des gros organismes de formation. Dans cette histoire les indépendants ont tout à perdre : perdre son temps dans des démarches administrative ou bien devenir des sous-traitants de gros organisme de formation. Mais dans tout cela on ne parle jamais de compétences. Ah si j’oubliais il faut “s’acheter un certificat” pour prouver sa compétence … et devinez où on trouve ça ? (ça ressemble à de la distorsion de concurrence non ?)

  4. Je vous trouve gentil avec votre comparaison gastronomique, si seulement la réforme incitait à que tous les organismes de formations deviennent tels des restaurants étoilés. Or, au contraire, avec leurs normes ils obligent à standardiser la formation comme la cuisine en cantine, triste lieu où la qualité de la cuisine correspond à une bonne stérilisation et non à la satisfaction des clients.

    • kikinovak dit :

      Réflexion faite, vous avez tout à fait raison. Pour ma part, je constate que je passe un temps fou à remplir de la paperasse complètement inutile. Autant de temps que je ne peux pas consacrer à la lecture et/ou la rédaction de documentation technique.

  5. Julie dit :

    Bonjour, je comprends tout à fait, mais pour être référencé au datadock, la certification n est pas requise. C est le système qualité de votre of qu il faut détailler et justifier. Par contre, c est différent pour le cpf, la formation doit être certifiante. Les stagiaires se tournent principalement sur du cpf au détriment des formations non certifiantes qui peuvent leur convenir. Ceci est effectivement bien dommage..

    • kikinovak dit :

      Merci pour cette clarification. Au fond, la problématique est inchangée et laisse transparaître un problème de fond. Là où les administrations d’autres pays se contentent d’une simple photo d’identité, la bureaucratie française exigera de vous que vous rendiez un portrait à l’huile de deux fois trois mètres, en chipotant sur la ressemblance. Quand je lis ce qu’on me demande dans le Data Dock, je ne peux m’empêcher d’y voir une forme institutionnalisée de Trouble Obsessionnel Compulsif.

    • dido dit :

      Bonjour,
      J’avais bien compris la logique générale de la loi, mais c’est malheureusement inadapté aux organismes unipersonnels et qui plus est n’accueillent pas de public. Quel est l’intérêt d’écrire des procédures ou des instructions de travail ou encore de créer un système qualité. On a le client en face tous les jours, donc on sait ce qu’il veut … pas besoin de gestion des réclamations.
      Pour revenir sur les certifications, elles ne sont pas obligatoire pour le moment mais cela risque bien de le devenir un jour. Par ailleurs, elles constituent a l’heure actuelle un critère de différenciation commercial alors qu’on pourrait tout autant prendre en considération les diplômes des formateurs ou encore leur expérience professionnelle (Mais ce n’est pas dans Datadock … ).

  6. Eric dit :

    Bonjour/bonsoir

    Moi je suis partis de la France pour ces raisons, maintenant je suis en Allemagne .
    PS : en Allemagne il y a beaucoup de demande en informatique certes il travail plus avec OpenSuse et Ubuntu . Mais je ne suis pas jaloux .

    Amicalement
    Eric

  7. gehalfon dit :

    Bonjour, je suis tombé par hasard sur votre site et j’ai lu ce billet sur le data dock que je ne connaissait pas. Des formations en informatique, j’en ai fait des dizaines depuis tant d’années et ce que je lis me jette un froid. Quand j’ai besoin d’une formation pour mettre en place un projet pour un client, je ne cherche pas un diplôme, je cherche une compétence. Certes un diplôme est sans doute un plus, mais pas pour tout le monde et je pense même que c’est un moyen de cacher son manque de “confiance en soi”. Il reste vos bouquins que je vais m’empresser d’acheter… faut bien se former

  8. Mario J. Medjeral /Gers / France. dit :

    Bonjour,
    Macron and the whole political class in Europe only listen to the big corporations. They promise you the earth on election day, they even write a book about their ‘revolution’, but it all dies the day after elections. If you disagree on policy, they will tell you there is no ‘alternative’. Look around you in France: Small companies and shops are closing everywhere, Paris instead, talks about ‘big politics’ or how they will punish Syria if they use again (which they probably never did) chemicals or that Europe requires more Europe and less national problem solving. I envy your optimism.

  9. Michel dit :

    Bonjour
    Je désespère de voir un jour l’état aborder avec un peu de bon sens le domaine de la formation professionnelle. On a tout vu dans ce domaine : Des “associations” de formation capables de mettre 15 vendeurs mercenaires sur le terrain (sans but lucratif, bien sur). Des formations sans formateur, machines à produire des feuilles de présences et à encaisser l’argent public. Des organismes collecteurs de fonds et consommateurs des mêmes fonds. Pôle emploi préférant financer une formation identique 3000 € plutôt que 2000, au motif que le premier devis faisait état de 200 heures à 15 € et le deuxième de 80 heures à 25 €, et bien entendu 15€ c’est moins cher que 25. Sauf que dans la première formation le stagiaire passait 150 h sur 200 à glander, sans formateur ni matériel pédagogique. Pour en revenir au data dock, ça a été pour moi l’occasion de jeter l’éponge, après 15 ans d’activité de formateur indépendant.
    Au fait, s’il faut signer une pétition, je signe !

  10. GROSJEAN dit :

    Entièrement solidaire avec ces commentaires. Je suis moi mème micro-entreprise dans le cadre de la formation professionnelle pour le travail en hauteur. Après 1 mois de boulot pour essayer de décrypter le langage utiliser dans data doc, le résultat c’est une acceptation à 60% et une obligation de passer par une certification de mon entreprise. Je suis le seul formateur de mon organisme et j’interviens en intra-entreprise. Dans le mème temps la CARSAT arrête les conventionnements des organismes au 01/07/2018 et exige maintenant qu’ils soit habilités, de mème pour les formateurs.
    Ces habilitations (géré en sous-main par le SFECE) exige une logistique pédagogique et des investissements tel que l’objectif est clairement d’éliminer les petits organismes de formation, micro- entreprise ou non.
    Bref entre la pression mis par data dock et la CARSAT, j’abandonne! Je vais me contenter de faire de la sous-traitance pour un grand groupe.

  11. GOIN dit :

    Je suis formateur en santé sexuelle (avec des diplômes dont je vous fais grâce), avec, depuis la création de mon organisme en auto-entrepreneur, une expérience de formations menées dans une trentaine d’institutions, d’établissements scolaires, de foyers pour jeunes travailleurs, missions locales etc. Mes formations étaient prises en charge par UNIFAF mais, depuis la création de la très bureaucratique usine à gaz Datadock, c’est mort, puisque je ne parviens pas à valider tous les critères ! Alors, j’ai moi aussi fait une lettre à l’Elysée pour expliquer en long et en large pourquoi le Datadock ne sera jamais la garantie d’une bonne formation avec des formateurs compétents : il me brûle de balancer là le nom de gros organismes ayant pignon sur rue, quant à eux datadockés, qui me proposent des heures de formation en se foutant complètement (et je dis bien complètement !!) du contenu de mon programme, de mes objectifs et du suivi de la formation. C’est tout juste si mes diplômes intéressent ! On y avait cru avec Emmanuel Macron : le dépoussiérage, la place aux bonnes idées, à l’action, à l’innovation… mais je crois que la France, ce pays en déroute culturelle et sociale, ce pays à l’administration et à la hiérarchie assassines, à les deux pieds embourbés dans la jouissance de la tradition bureaucratique. C’est juste minable et cela ne mérite rien d’autre que le mépris des fabricants de “démarche qualité” qui, pour la très grande majorité, ne connaissent absolument rien au sujet qu’ils traitent. C’est pas grave, on les paye grassement… avec nos impôts !

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