Synchroniser un réseau local avec NTP sous CentOS 7

clockLorsque plusieurs personnes manipulent des données partagées sur des postes clients différents, il est essentiel que ces postes soient tous à la même heure. Malheureusement, l’horloge intégrée dans les machines n’est pas suffisamment exacte.

Le protocole NTP (Network Time Protocol) permet aux machines d’un réseau de mettre leurs pendules à l’heure. Il permet la synchronisation des machines entre elles. Les serveurs de temps public sur Internet permettent de recevoir le temps exact. À partir de là, on a plusieurs possibilités d’utiliser NTP.

  • La commande ntpdate procède à un ajustement ponctuel de l’horloge du BIOS.
  • L’ajustement ponctuel ne suffit pas pour un serveur qui est censé tourner sans discontinuer. L’horloge du serveur risque de dévier de plus en plus de l’heure exacte. Dans ce cas, il faudra configurer le démon ntpd contenu dans le paquet ntp, qui se charge de contacter les serveurs de temps publics à intervalles réguliers pour procéder ensuite à une série de corrections de l’heure locale.
  • Le démon ntpd peut à son tour être configuré comme serveur de temps pour les machines locales.
  • Dans la pratique quotidienne, on utilisera ntpdate pour l’ajustement initiale de l’heure locale, et ntpd pour la synchronisation régulière.

Prérequis

Le démon ntpd utilise le port 123 en UDP. Il faut donc ouvrir ce port sur le serveur pour permettre aux postes clients de se connecter.

Installation

Voici les paquets relatifs à NTP :

# rpm -qa | grep ntp
ntp-4.2.6p5-19.el7.centos.x86_64
ntpdate-4.2.6p5-19.el7.centos.x86_64

Si ce n’est pas déjà fait, supprimer le serveur Chrony installé par défaut pour éviter les conflits.

# systemctl stop chronyd
# yum remove chrony

Basculer SELinux en mode permissif.

# setenforce 0

Synchronisation avec un serveur NTP public

Éventuellement, aller sur http://www.pool.ntp.org et choisir la liste des serveurs en fonction du pays.

Sauvegarder le fichier de configuration existant :

# cd /etc
# mv ntp.conf ntp.conf.orig

Configurer le service :

# /etc/ntp.conf

driftfile /var/lib/ntp/drift
logfile /var/log/ntp.log

server 0.fr.pool.ntp.org
server 1.fr.pool.ntp.org
server 2.fr.pool.ntp.org
server 3.fr.pool.ntp.org

server 127.127.1.0
fudge 127.127.1.0 stratum 10

restrict default nomodify nopeer notrap
restrict 127.0.0.1 mask 255.0.0.0

Le fichier journal /var/log/ntp.log sera créé à la volée au démarrage du service. Ce n’est donc pas la peine de le créer manuellement.

La directive fudge 127.127.1.10 stratum 10 constitue un serveur « bidon » en guise d’IP fallback, au cas où la source de temps extérieure deviendrait momentanément indisponible. En cas d’indisponibilité du serveur distant, NTP continuera à tourner en se basant sur ce fonctionnement-là.

NTP offre une panoplie de règles pour contrôler l’accès au service, que l’on pourra utiliser en-dehors des règles de pare-feu. Ici, les directives restrict signifient qu’on empêche les machines distantes de modifier la configuration du serveur (première ligne) et qu’on fait confiance à la machine elle-même (deuxième ligne). La directive restrict sans option derrière, mais suivie du seul nom d’hôte, équivaut à un allow all.

Gestion et utilisation

Éventuellement, effectuer l’ajustement initial de l’horloge :

# ntpdate fr.pool.ntp.org
17 Feb 07:04:05 ntpdate[1943]: adjust time server 212.83.131.33 
  offset 0.010439 sec

La commande ntpdate est normalement considérée comme obsolète, mais elle sert toujours à effectuer des corrections importantes. Théoriquement, c’est la commande ntpd -g qui est censée remplacer ntpdate, mais son utilisation s’avère problématique sur des systèmes déréglés de plus d’une heure.

Activer le service :

# systemctl enable ntpd

Gérer le service :

# systemctl start|stop|restart|status ntpd

Afficher la liste des serveurs auxquels on est connecté :

# ntpq -p
   remote     refid     st t when poll reach delay offset jitter
=================================================================
+tidore.ordimati 91.121.122.16  3 u 36 64 1  31.353 -2.014 0.000
+176.31.53.204   193.190.230.65 2 u 35 64 1 114.250 36.854 0.000
*ntp-2.arkena.ne 193.190.230.65 2 u 34 64 1  30.266 -2.454 0.000
 fr3.tomhek.net  195.154.216.35 3 u 33 64 1  34.424 -3.169 0.000
 LOCAL(0)        .LOCL.        10 l  - 64 0   0.000  0.000 0.000
  1. Le petit astérisque * en début de ligne signifie que la machine est correctement synchronisée avec le serveur distant. La première synchronisation peut nécessiter quelques minutes, parfois même une demi-heure.
  2. Pour guetter la première synchronisation, on peut invoquer watch ntpq -p.

NTP et SELinux

Rien de particulier à signaler avec notre configuration.

# sealert -a /var/log/audit/audit.log
100% done
found 0 alerts in /var/log/audit/audit.log

Rebasculer en mode strict.

# setenforce 1
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